This is a SEO version of Flipbook VINO 3-2011 FR[1]. Click here to view full version
« Previous Page Table of Contents Next Page »Arrivé en Belgique, le vin est vraiment dé-geu. C’est, avec les MST, un des féaux esti-val. En fait, sur place il était déjà immonde, mais, la moustache, le parfum des garrigues, le ballet des Canadairs dans le lointain, tout ça, les enfants qui riaient aux éclats dans la cour, hop on a acheté. Là, je vous ima-gine un rien impatient d’avoir des codes, des secrets, des idées pour transcender vos BBQ. La bave aux commissures, la jambe trépidant toute seule, dans l’espoir de lire autre chose que des éructations dignes d’un discours de Marine dans une station d’ac-cueil de réfugiés. Bon, voilà, il y a quelques trucs pour se sauver. Mais ils tiennent plus à la température de service des vins qu’aux vins eux-mêmes, vu l’offre pléthorique des responsables de BBQ. Il faut dire, qu’en plus, suivant les régions, on pourrait espé-rer découvrir des spécialités locales. Brossez vous largement, c’est le plus souvent du grrrrrrrrrrrrand n’importe quoi !
Cela va des tomates crevettes de la digue en provenance directe de n’importe où, à un prix qui avoisine celui du caviar iranien, servies par des apprentis gardiens de prison en rupture de ban pour cause de trop de cruauté, aux célèbres coquilles St Jacques à la plancha du Golfe de Saint-Tropez à des prix prohibitifs, entouré de starlettes oin-tes des pieds à la tête d’auto-bronzant de la dernière génération ou de leurs mimiles en marcel et casquettes Gucci Hot. Et le pire reste à venir. Le vin est défnitivement le grand martyr de nos journées ensoleillées. Sous prétexte de légèreté, dès que les ter-rasses sont de sortie, les restaurateurs et leurs clients, ainsi que le laboureur et ses enfants, sans oublier la mère Michel et son chat avant qu’elle ne l’égare, se sentent obli-gés de glacer les rouges, n’importe quels rouges, tous les rouges. Surtout s’ils sont de Loire. Je connais plus con, mais je dois chercher.
Amis restaurateurs, le vin n’est pas qu’un truc que l’on achète en fonction des affni-tés que l’on a avec le vendeur, ni même en
fonction des promotions qu’il propose. Le vin, en été aussi, a le droit d’être respecté pour ce qu’il est, c’est à dire un produit commercial destiné à rendre heureux ceux qui les vendent comme ceux qui le consom-ment. Pour moi, le meilleur accord vins et mets de l’été, c’est quelques amis le soir, au bord de l’eau, un truc léger, souple, tran-quille, qui raconte des histoires doucement entre le ressac ou les glougloutements de la Lesse, c’est selon vos envies, un vin qui
parle de fruits, de maturité, de rondeur, de tanins souples s’il est rouge. Connaissez-vous ce vigneron ? c’est un pey comme un building, il fait son vin comme il est… c’est ce vin-là que je préfère, celui qui crée une conversation autour de lui. Allez, bon été quand même, parce que je vous le souhaite bon, plein de rencontres de vignerons, de belles bouteilles, de sourires de Hollandai-ses en robe translucide car il en existe de belles…
55
This is a SEO version of Flipbook VINO 3-2011 FR[1]. Click here to view full version
« Previous Page Table of Contents Next Page »