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Vin et BBQ
Par Eric Boschman
Je n’aime pas ces moments où l’on se re-trouve autour de quelques kilos de barba-que plus ou moins tiède posé sur quelques kilos de charbon de bois plus ou moins rougeoyants et, par défnition, trop cuite.
Je déteste ces espèces d’attroupement qui rassemblent les mâles autour du feu et des canettes de bière un rien moins tièdes que la viande, et les femelles autour de la fnition des salades. Parce que les salades c’est pour
les gonzesses et que nous sommes les gar-diens du feu. A voir les grognements émis par certains en fn de soirée j’ai comme l’im-pression que tout le monde n’a pas encore terminé les dialogues de la guerre du feu. Il ne manque que les peaux de bête. Alors, quand Dirk 1 er m’a demandé ma page en retard, je me suis dit que voilà l’occasion de parler de ce sujet complexe qu’est le ma-riage BBQ et vins. Car, bien entendu, l’été c’est aussi la saison des massacres en série. Entre les mauvais pinards que l’on achètera à la pompe, aux degrés, à la cave proche du camping, les bouteilles mal conservées que l’on achètera en voltige à la station service, les canettes et les bibs médiocres, le choix est vaste. Ajoutez à cela le célèbre vin-qui-ne-voyage-pas-ma-petite-dame; vous savez, celui que vous aviez acheté à ce vigneron si charmant, si carte postale, avec ses pro-messes de ne pas utiliser, LUI, de produits chimiques, mais qui ne pourrait pas en dire autant de ses voisins. Ces bouteilles qui, déjà sur place, avaient un petit air étrange venu d’ailleurs, mais dans l’ambiance et la transparence de la robe de cette jolie hollan-daise (si, si, ça existe, j’en ai déjà vu), vous avez un peu perdu les pédales et casé six caisses entre la game boy du nain et le cous-sin de la belle-mère.
L’été est à nos portes, un peu à la manière des hordes wisigothes devant les portes de Rome en d’autres temps, prêt à tous les excès, les délires et les pillages. L’avantage de l’été par rap-port aux barbares c’est qu’il nous vide les poches mais sans nous contraindre à la pointe d’un glaive quelconque. Et puis, l’été nous laisse des traces de bronzage, alors que les Thraces ne nous ont laissé que du bronze. Bref, en un mot comme en cent, vous l’aurez compris je n’aime pas l’été. Surtout lorsqu’il s’agit de barbecuter, ou grilloventer selon mon dictionnaire embar-qué car il est canadien, ce qui n’est pas moins ridicule.
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