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La situation est plutôt frustrante pour les jeunes importateurs de Bourgogne : on n’y entre pratiquement pas. L’anecdote d’un journaliste belge qui sonnait à la porte d’un des producteurs connus est révélatrice. Après plusieurs coups de sonnette, une fe-nêtre s’est ouverte à l’étage et une voie invi-sible a crié : “Je n’ai rien à vendre!”Le Belge a répondu du tac au tac: “Cela tombe bien, je ne veux rien acheter!”. Un quart d’heure plus tard, la porte s’est ouverte.
Avec un peu de chance, vous pouvez encore trouver l’un ou l’autre produc-teur prêt à vous vendre 12 bouteilles. Les Bourguignons ont la réputation d’avoir une bonne mémoire des visages. Si vous revenez chaque année, vous pouvez acheter un peu plus chaque fois. Après dix années, vous pouvez enfn démarrer une carrière en tant que négociant en vins de Bourgogne. Mais si vous achetez moins une année (car vous estimez par exemple que l’année est moins bonne), votre quote-part diminue et il faudra re-construire votre acquis. Vous êtes immé-diatement puni. La demande est telle que votre place d’acheteur est directement occupée par le suivant. Quoique. Cette fdélité légendaire laisse à désirer ces der-nières années (Cf. cadre “Deux grands spécialistes du bourgogne”).
La qualité des millésimes récents est incontestable. 2009 était, en rouge et en blanc, une année avec beaucoup de ron-deur. Déjà bon à l’heure actuelle, mais doté d’une durée de conservation limitée. 2010 était sans problème pour le rouge et parfait pour le blanc : suffsamment de matière ET une bonne acidité. Mal-heureusement, en raison des mauvaises conditions climatiques, les volumes sont décevants. En d’autres termes : une pres-sion sur les prix. Cette pression est encore accentuée par les nouveaux-venus orien-taux, qui se tournent également vers la Bourgogne, après la folie des prix à Bor-deaux. Quoi qu’il en soit, la biennale Les Grands Jours de Bourgogne, au cours de laquelle les primeurs ont été présentés, a connu un succès de foule.
Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur la qualité du millésime 2011, mais selon les rumeurs, les ressem-blances avec 2010 seraient nombreuses. Une bonne qualité chez les producteurs qui ont veillé à une sélection, mais à nou-veau des volumes limités.
Laissons là les points de vue théoriques et passons à l’essentiel, le verre. Les vins de la Côte de Beaune ne font pas partie de cet aperçu. Nous nous y consacrerons à la prochaine occasion.
Chablis blanc et ses environs
Dans une salle trop petite et un chapi-teau trop froid, nous avons été rassurés rapidement sur les produits proposés. Non seulement le chablis était proposé, mais les appellations suivantes étaient également à l’ordre du jour : Epineuil, Tonnerre (AOP depuis 2006), Irancy, Côtes d’Auxerre (chardonnay et pinot noir pour le rosé et le rouge), Saint-Bris (100% sauvignon) et Vézelay, où on a éga-lement planté de l’aligoté.
Après une année 2009 relativement chaude, 2010 s’annonce magnifque, le Chablis redevenant pareil à lui-même. Les primeurs de 2011 nous apprennent qu’il s’agit d’un millésime avec des acides doux et donc agréable à boire jeune.
En ce qui concerne le volume, Chablis fait partie des chanceux, car les problèmes de croissance y ont été moins nombreux que dans la Côte de Nuits et à Beaune. Cepen-dant, en rouge (Epineuil et Irancy), les vendanges ont chuté de 30 à 40%. Comme toujours, les ‘grands’ étaient absents de ces dégustations, car ils n’ont plus rien à vendre. Le niveau du vin étaitmalgré tout très haut.
Ci-dessous sont repris nos coups de coeurs, étant entendu que tous les pro-ducteurs n’avaient pas apporté de 2010 et qu’il était impossible de tout goûter.
Chablis 1 er Cru 2010
Jean-Marc Brocard ‘Montmains’ ***(*) Le producteur réputé de Chablis avait apporté plusieurs vins, comme toujours d’un niveau très élevé, mais le ‘Mont-mains’ était le seul vin de 2010 (nous y avons trouvé des agrumes, une très
belle matière, une fnale harmonieuse, un vin déjà bon à boire), Emmanuel & Eric Dampt ‘Fourchaume’ *** (homo-gène, pur), Domaine Pinson ‘Mont de Milieu’ *** (harmonieux, de la profon-deur, un retour d’agrumes), Domaine de la Motte ‘Beauroy’ **(*), Agnès et Didier Dauvissat ** (une minéralité croquante), Lilian Duplessis ** (ferme et pur), Jean-Chistophe Bersan ‘Mont-mains’ **.
Chablis 2011
Emmanuel & Eric Dampt ‘Tradition’ *** (très beau, minéral), Domaine des Malandes ‘Montmains’ *** (brioche, pierre à fusil, de la matière tout en étant très frais) et ‘Vau de Vey’ **(*) (une minéralité accessible), Domaine de la Motte ‘Vieilles Vignes’ **.
Tonnerre (chardonnay)
Emmanuel & Eric Dampt ‘Cheva-lier d’Eon’ **(*) (un équilibre parfait),
Dominique Gruhier ‘Domaine de l’Abbaye’ 2010 ** (un début agréable, une fnale minérale).
Vézelay
La Croix de Montjoie ‘l’Impatiente’ 2010 **.
Aligoté
Jean-Chistophe Bersan Aligoté 2011 *** (vigoureux, frais, bien charpenté),
Domaine JH Goisot 2010 ** (également un bon Auxerre blanc Biaumont 2010).
Côtes de Nuits
Le niveau de 2010 est exceptionnel. Il s’agit d’un de ces rares millésimes au cours desquels tant le rouge que le blanc sont bons. 2009 étant une année ‘rouge’ avec une qualité très accessible (moins d’acides) et du volume, pour 2011, il faut encore attendre. Le Chambolle-Musigny 2010 (goûté à la Grange de Saulx) était bon, équilibré, encore un peu retenu. Le Vosne-Romanée était étonnamment ex-pressif, tous les indicateurs pointent sur une très grande année. Les vins de Vosne- Romanée et de Vougeot ont été présentés au Château du Clos Vougeot. Il s’agissait certes de la plus belle présentation, tant au niveau cadre qu’au niveau qualité. Le vin de Gevrey-Chambertin a été dégusté à la Maison de Marsannay. Bon nombre de viticulteurs semblent encore disposer du millésime 2009.
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